DE LA VILLE DE PARIS.
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pays estrangers et hors de ce royaulme, prandront sur eulx tous perilz, tous risques de mer ct rivieres, moyennant toutesfoys quc lesd. Prevost' des Mar­chans et Eschevins leur promectent et s'obligent de leur bailler forte escorte aux despens de lad. Ville pour la conduicte et seureté dud. bled depuis le port de Grace, Honnefleur et autres circonvoisins jusques en'cesle ville de Paris, et que si estans entrez lesd, bledz-esd..havres jusques en ceste ville de Paris, ou bien.arrivez en ceste ville de Paris, ilz estoient pillez par force, sera aux despens de lad. Ville, qui sera tenue en recompenser entierement lesd, marchans, lesquelz seront aussi tenuz faire savoir ausd. Prevost et Eschevins quant lesd, bledz seront arrivez esd. portz. Ces offres ont, le xixc dud. moys, esté commu­niquées à Mess™ les Conseillers de lad. Ville, led. jour assemblez pour adviser sur la resignation que monsr me Thomas de Bragelongne entendoit faire de
son office de Conseiller de lad. Ville'1' au prouflitde sire Simon de Cressé'2'; tous lesquelz ont esté d'aviz dc faire pareilles offres de lx solz tournois pour muyd aux marchans de Paris et tous aultres qui vouldroient admener bledz de pays estranges, et encores leur promectre de obtenir lectres dc Sa Ma­jesté adressantes au cappitaine Sarlabos'3', cappitaine duHavrc, de laisser passer tous les bledz qui seront admenez pour la provision de la Ville ct de bailler escorte de ses gens, harequebousiers, pour les faire conduire seurcment jusques en ceste Ville, lesquelz gens dc guerre seront salariez des deniers de lad. Ville. Seront aussi obtenues lectres adressantes a monsr le gouverneur du pays de Normandie, mônsr le bailly de Rouen, par.lesquelles leur seront faictes expresses deffenses dc ne troubler ou empescher en aucune maniere lesd, marchans. Et quant au reste de leur demande, ne peult estre accordé.
DCCXX1I. ----- [ASSEMBLEE POUR DELIBERER SUR LA RESIGNATION PAR TlIOMAS DE BRAGELONGNE
DE SON ESTAT DE CONSEILLER DE VtLLE.] ----- LETTRES DU Roï POUR MONS" BRACHET.
19 septembre, 3 octobre i505. (H 1784, fol. 328 v°.)
Du mercredi, xixc jour de Septembre mil v° Ixv.
En Assemblée, le jour d'uy, faicte en l'Hostel de la ville de Paris de Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins et Conseillers de lad. Ville pour adviser sur la resignation ou desmission que entend faire m° Thomas de Bragelongne, Lieutenant criminel de la Prevosté de Paris, suyvant les mandemens à eulx pour ce envoyez, le jour d'hier, en laquelle se sont trouvez, assavoir :
Monsr Guiot, Prevost des Marchans;
Monsr Sanguyn, monsr l'esleu Prevost, monsr De­lacourt, monsr Le Lievre, Eschevins;
Monsr d'Athis, mons1' de Jumeauville, monsr de Chamboursy, monsr Larcher, monsr de Courlay, sire Jehan Croquet, monsr Paluau, mons' Marcel, sire Jehan Aubery.
Et pour cc que la compaignée n'a esle trouvée suffisante, a esté remise l'Assemblée à samedi pro­chain. Et estant arrivé mond. sr le Lieutenant cri­minel, a remonstré à la compaignée que au moyen de son estat de Lieutenant criminel, auquel il est continuellement occuppé, il ne peult, comme il de-sireroit bien,se trouver si songneusement aux,assem-blées pour faire service à la Ville, ct bien quant il auroitpleu au Roy le descharger dud. estat de Lieute­nant, si es-se qu'il est deliberé se retirer aux champs pour y user le reste de ses jours, qui estoit la cause pour laquelle il avoit passé procuration pour resigner sond, office de Conseiller dc Ville au proulfilde Si­mon Cressé, lequel il avoit choisy pour bon et no­table bourgeois, suppliant la compaignée voulloir admectre lad. resignation. Et pour cc que la coni-
(!) Thomas de Bragelongne était Conseiller de Ville depuis le 26 novembre 1538. (Cf. le tome ll dos Délibérations du Dureau dc la Ville, p. 394.)
(2) Simon de Cressé, probablement fils de l'orfèvre Cressé, qui figure parmi les notables de Paris dans les délibérations du Bureau de la Ville en 1556 et 1557, d-v-n- échevin en 1570 et fut pourvu, le 2 novembre 1571, de l'un dos cinq oflices de généraux des Monnaies, nouvellement créés. (Arc/tivesnaiionales, Cour des Monnaies, Zlb 552.)
'3) Corboran de Cardaillac, vicomte de Sarlabous, commandait en i563 l'un des régiments français qu'on fit venir de Champagne pour le siège du Havre. D'après Brantôme, dans ses Couronnels françois, les deux frères Sarlabous passaient pour deux fort bons ca­pitaines de gens de pied, mais "l'on estimoit plus le jeune. L'aisné fut pourtant gouverneur du fiavre pour y avoir tres hiou hasardé sa vie à la reprise.» Sarlabous fut ensuite gouverneur d'Aigues-Mortes; il se vanta d'avoir participé à l'assassinat de l'amiral do Coligny. Brantôme dit à ce sujet : "Si c'est la vérité, ou qu'il s'en soit vanté à faux, c'est uno recompense mauvaise d'un capitaine envers sou Couronnel qui d'autres fois luy avoit commandé.!. (L. Lalanne, Œuvres de Brantôme, t. IV, p. 3o8; I. V, p. 339.)
v.                                                                                                                                                                     66